17.05.2012

Québec: le gouvernement veut interdire les manifestations de rue

Le gouvernement veut interdire les manifestations de rue et autres actions des étudiants

Source: Parti Communiste du Québec

C'est maintenant officiel: après 3 mois de grèves et de manifestations étudiantes contre la hausse des droits de scolarités au Québec, le gouvernement de droite, du premier ministre Jean Charest, imposeune loi spéciale pour interdire les manifestations de rue et autres actions des étudiants.

 

 

Non à la loi spéciale de Jean Charest !

 

 

 

 

 

Les différentes sorties du gouvernement Charest, au cours des dernières 24 heures, en commencant par la démission de madame Beauchamp (ministre de l'éducation), suivi par les soi disantes ouvertures de sa remplacante, madame Courchesne, laissent entrevoir que tout cela pourrait n'être qu'une gigantesque mascarade.  C'est comme si le gouvernement Charest n'avait et ne veut toujours pas réglé le conflit étudiant et chercherait plutôt à mettre sans cesse plus d'huile sur le feu.

 

Ce gouvernement fait monter les enchères et cela démontre la nécessité, plus que jamais, qu'un maximum de solidarité s'exprime vis à vis du mouvement étudiant.  Il ne faut pas laisser ce gouvernement avoir le dernier mot.

 
Québec solidaire, le PQ (Parti Québécois), de même que les centrales syndicales, et plusieurs autres organsisations dénoncent les plans du gouvernement :

 

 

Autres hyperliens à consulter sur des sujets connexes :

Plus d'infos sur le site du PCQ

Impasses réelles et solutions imaginaires au «problème grec»

  Impasses réelles et solutions imaginaires au «problème grec»

Grèce : Deux points de vue intéressants parus dans le quotidien parisien Libération du mardi 15 mai.

 

 

 

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Par COSTAS BOTOPOULOS Constitutionnaliste, ancien eurodéputé (PSE), président de l'Autorité des marchés financiers en Grèce.

 

La Grèce semble prise dans trois cercles vicieux. Le premier, et le plus permanent, est économique : les maux les plus profonds du pays, le manque de compétitivité et l’archaïsme des structures ne sont pas visés par le «plan d’aide» concocté par la «troïka» (Commission européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international). Ou plutôt, ces problèmes sont, en théorie, au centre du programme de gouvernement imposé par l’extérieur (le «mémorandum»), mais de façon à rendre les réformes nécessaires plus difficiles, voire impossibles.

 

Car les structures (administration et système de santé et de fiscalité en premier lieu) ne sont pas réformables en quelques moi, par ordonnances et par le biais de méthodes simplistes et non adaptées à la réalité du pays (licencier, s’attaquer principalement au prix des médicaments, menacer d’augmenter les peines pour corruption). Se tromper de méthode s’avère pire que de se tromper d’objectif. Dans la même veine, les coupes dites «horizontales» (touchant tout le monde de la même manière, ce qui est le contraire de l’équité) des salaires, des pensions et des prestations sociales, au lieu «d’économiser», épuisent l’économie réelle, puisqu’on ne peut pas la faire redémarrer sans pouvoir d’achat, sans espoir ni sans perspectives. Plus on serre la vis, moins on se désendette et plus on s’enfonce dans la récession. Ce qui pose un grave problème, non seulement du point de vue économique, mais aussi moral, puisque les sacrifices consentis pour de si maigres résultats sont énormes.

 

La deuxième impasse, plus récente, est politique. A cause des manquements dans la gestion de la crise, mais aussi de la quasi-assimilation des deux partis qui ont gouverné la Grèce depuis la chute de la dictature en 1974 (les socialistes ayant négocié et accepté le mémorandum et la droite, après un temps d’opposition verbale, s’y étant ralliée) la tentation du «non» était plus que prévisible. Elle s’est exprimée, de façon diffuse mais pas confuse, dans les urnes du 6 mai : les divers partis opposés au mémorandum et à la politique qui en découle ont obtenu plus que la moitié des suffrages et le parti de la gauche radicale, qui s’était le plus distingué dans la contestation sociale, est devenu la deuxième force politique du pays, sans laquelle aucune solution n’est désormais possible. Malheureusement, ce même parti est exclusivement un parti d’opposition et non de proposition, qui ne peut fonctionner qu’en restant flou et antisystème, ce que lui impose une stratégie d’esquive permanente. Il ne veut, légitimement, pas laisser gouverner ceux qui ont été discrédités par les urnes, mais il ne veut pas non plus prendre sa part dans l’exercice d’un «autre» pouvoir. L’impasse est totale, puisqu’on s’achemine vers des nouvelles élections qui donneront probablement le même résultat. Et pendant ce temps-là, la crise s’aggrave et les partenaires de la Grèce s’éloignent.

 

Le troisième cercle vicieux, le plus structurel, est européen. Car ces partenaires-là, ont choisi l’orthodoxie à la place de la politique, le statu quo au moment où il fallait réinventer l’Union européenne. L’Europe a, pour le moment, sauvé la Grèce en lui prêtant beaucoup d’argent, mais elle lui a peut-être barré, comme à elle-même d’ailleurs, la porte du renouveau. Il ne s’agit pas de «mutualiser» quoi que ce soit, et surtout pas la dette ; il s’agit de fédérer dans les moments les plus difficiles, et, osons le mot, «fédéraliser», construire une Europe de solidarité et de projet commun.

 

Sous ces conditions, comment la Grèce peut-elle s’en sortir ? Par plus de croissance : la cure prescrite lui en ôte les moyens. Par une entente politique : mais l’intérêt des partis prime sur l’intérêt général, qui n’est, par ailleurs, jamais clairement défini. Par une autre Europe : mais ceux qui devraient la faire ne sont pas décidés à s’y aventurer. Cela pourrait s’appeler un nœud gordien. Sauf qu’il n’y pas d’Alexandre à l’horizon.

 

 

 mes, le nouveau dictateur européen

Syriza ou le moment de changer l’Europe:
 
Par CÉDRIC DURAND Maître de conférences en économie à Paris-XIII, RAZMIG KEUCHEYAN Maître de conférences en sociologie à Paris-4
Le succès remporté par Syriza lors des législatives grecques du 6 mai est un événement pour toute l’Europe. Arrivée en deuxième position, cette formation de la gauche radicale est désormais la principale force d’opposition aux politiques de la «troïka» (Commission européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international) relayées par les partis du centre, gauche et droite réunies. Dans un pays en décomposition accélérée, où s’étend l’ombre délirante des néonazis, elle incarne la seule lueur d’espoir. Face à la dégénérescence de l’Europe néolibérale, c’est par Athènes que passe aujourd’hui l’alternative. Sociale, antiraciste, écologiste, Syriza et son jeune leader, Alexis Tsipras, représentent une nouvelle gauche radicale dont l’identité s’est forgée dans le creuset altermondialiste. Fille du mouvement ouvrier né au XIXe siècle et des mouvements sociaux apparus au lendemain de 1968, elle constitue une synthèse politique inédite. Cette nouvelle gauche radicale est celle des travailleurs mais aussi des dépossédés. L’anticapitalisme qu’elle promeut ne se limite pas à l’antagonisme capital-travail. Comme l’a montré David Harvey dans son ouvrage récemment publié en français, le Nouvel Impérialisme, le capitalisme ne repose pas seulement sur l’exploitation des salariés. Il procède aussi par la dépossession des populations. Privatisations, réduction des droits sociaux, marchandisation de la nature, fiscalité antiredistributive, prolétarisation de gigantesques masses rurales sont autant de modalités extra-économiques permettant de générer du profit lorsque la machine productive s’enraye. La dépossession est ainsi reconnue pour ce qu’elle est : un pivot de la lutte des classes tout aussi essentiel que l’exploitation salariale. Cette nouvelle sensibilité politique a appris à articuler la diversité lors des forums sociaux et contre-sommets altermondialistes. La dépossession capitaliste affecte des populations hétérogènes. Si la déforestation et le crédit impôt recherche ont tous deux pour fonction de soutenir la rentabilité du capital, l’alliance politique des paysans expropriés et des universitaires ne va pas de soi. La lutte contre la dépossession, son articulation avec les mouvements ouvriers, féministe et antiraciste implique en ce sens de fédérer des incommensurables : nul axe ne peut être subordonné à un autre et tous participent de la résistance à la logique du système. La construction d’un projet politique commun suppose de penser l’articulation de ces combats. Pour autant, cette nouvelle gauche radicale n’est pas une simple addition de mouvements, elle propose une stratégie pour l’émancipation. Résolument politique, elle sait que la conquête de l’Etat est un élément décisif pour engager un processus de transformation social. Mais elle sait aussi que cette conquête sera impuissante si elle n’est pas portée par des mobilisations populaires de grande ampleur. Les idées ne font leur chemin que lorsque des forces sociales les poussent. A tous égards, Syriza vient de nous donner une leçon. Intransigeante sur l’essentiel - le refus de l’austérité - mais ne récusant pas la discussion, elle vient de renvoyer la social-démocratie grecque, le Pasok, à sa préférence pour une alliance avec la droite, tout en engageant un dialogue avec les syndicats et les mouvements sociaux pour expliquer sa démarche. Sa montée en puissance lors d’un éventuel nouveau scrutin le mois prochain est inéluctable. Face à l’extrême droite, à la tentation du recours militaire ou à une intervention antidémocratique supplémentaire de l’Union européenne, la solidarité avec le peuple grec est une nécessité impérieuse. En France, l’appui du Front de gauche est acquis, mais qu’en est-il de l’attitude du nouveau pouvoir socialiste ? Les décisions de François Hollande dans les semaines à venir vont non seulement marquer sa présidence, mais sceller le sort de la social-démocratie à l’échelle du continent. François Hollande va-t-il considérer, comme l’ont réaffirmé Angela Merkel et Jörg Asmussen de la BCE qu’«il n’y a pas d’alternative» aux réformes exigées par la troïka ? Il n’y aurait dès lors que deux solutions : soit donner un blanc-seing à une solution autoritaire qui officialiserait le rabaissement de la souveraineté de la Grèce à celle d’un protectorat, soit expulser le pays de l’euro, donnant le coup d’envoi de la dislocation géopolitique du continent. Va-t-il au contraire entamer, comme Syriza l’y invite, un processus de relégitimation de l’Europe en subordonnant les formes de l’intégration économique à la réalisation d’objectifs de convergence sociale et de transformation écologique ? Un tel engagement impose de rompre le consensus avec la droite européenne et d’assumer une crise politique au sommet. Se pourrait-il que le soutien à la gauche radicale grecque devienne, pour les nouvelles générations, ce que le soutien au Vietnam fut pour la génération 68, à savoir un puissant levier de mobilisation à l’échelle globale. soluptopontikifr
 

 

 

 

 

16.05.2012

NON À LA PRÉSENCE DE MINISTRES COMMUNISTES

 NON À LA PRÉSENCE DE MINISTRES COMMUNISTES


Lors de la réunion du conseil national du Parti communiste français qui s’est tenu le vendredi 11 mai, la question de la participation des communistes à un gouvernement avec les socialistes a été abordée. Ainsi le journal L’Humanité du 14 mai, page 4, précise que « au lendemain du second tour des élections législatives, le conseil national du PCF se réunira pour discuter […] notamment d’une éventuelle participation au gouvernement ».

 Une question qui ne se pose pas !

Mais cette question ne se pose pas ! Elle ne peut pas se poser ! Comment les dirigeants communistes peuvent-ils envisager un seul instant, dans le cadre politique, idéologique et électoral actuel, de participer à un gouvernement avec les socialistes ? Le programme de François Hollande, en effet, ne contient aucune avancée sociale digne des grandes poussées de la gauche comme en 1936, 1945, 1981. C’est même le contraire puisque le nouveau président de la République se fixe comme priorité le désendettement de la France, c’est-à-dire l’austérité, alors qu’il faudrait annuler et restructurer la dette publique. François Hollande a parlé de « réorienter l’Union européenne » mais n’a pas précisé son plan « B », autrement dit ce qu’il entend faire si – cas le plus probable – les autres membres de l’UE ne souhaitent par « réorienter » cette dernière.

François Hollande et le PS, qui avaient appelé à voter « oui » au référendum de 2005, comme l’UMP, restent sur une position totalement européiste. Rappelons que l’européisme est à l’Union européenne ce que le nationalisme est à la nation. Le PS de François Hollande n’a pas eu un mot de réprobation à l’égard des premiers ministres « socialistes » de Grèce, d’Espagne et du Portugal – balayés depuis par les urnes – lorsqu’ils ont décidé de plans d’austérité d’une violence inouïe contre leurs peuples. Il est parfaitement évident que le rapport des forces issu de la présidentielle, qui restera à peu près identique après les législatives, ne permettra pas au Front de gauche de faire admettre la moindre proposition significative de son programme au PS (sauf, peut-être, sur des questions de détail). Qu’iraient faire des ministres communistes dans cette galère ? Seules des luttes sociales puissantes, dès le mois de juin, seront susceptibles de permettre des avancées sociales que le PS refuse aujourd’hui.

 Un mauvais coup porté au Front de gauche

Cette décision du conseil national du PCF d’organiser une consultation des adhérents de ce parti sur l’entrée de ministres communistes au gouvernement socialiste est un très mauvais coup porté au Front de gauche. Les électeurs, en effet, sont en droit d’attendre des réponses franches. Que pèseront quelques ministres communistes dans un gouvernement totalement contrôlé par les socialistes ? La désastreuse expérience de la « gauche plurielle », où il y avait 3 ministres communistes, n’a-t-elle pas été suffisante ? Le PCF n’a-t-il pas suffisamment payé pour cette succession d’erreurs pour avoir envie de recommencer ? Si cela ne concernait que lui, après tout, il pourrait faire ce qu’il veut ; mais en l’espèce, l’attitude du PCF concerne toute la gauche de gauche. Certes, la décision n’est pas prise. Mais le seul fait de laisser entendre qu’elle pourrait l’être à la suite de cette consultation crée une confusion dans les esprits dommageable au rayonnement du Front de gauche.

La doctrine de la gauche de gauche devrait être claire comme le propose le M’PEP : il ne devrait pas y avoir de participation du Front de gauche à un gouvernement socialiste tant que le Front de gauche ne sera pas passé devant le Parti socialiste aux élections législatives. C’est clair et c’est net.

Les électeurs qui soutiennent ce point de vue pourront l’exprimer en votant le 10 juin pour les candidats du M’PEP : Michèle Dessenne dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais ; Waldeck Moreau dans la 9e de l’Hérault ; Jacques Nikonoff dans la 3e du Var.

15.05.2012

Hollande ne pourra réorienter l'Europe sans provoquer une crise

Hollande ne pourra réorienter

l'Europe sans provoquer une crise

par Jacques Sapir - pour le site Marianne 2

Interrogé sur le nouveau président français et les éventuelles répercussions internationales de cette élection, l'économiste Jacques Sapir l'encourage à ne pas céder au diktats de Berlin et de Bruxelles et à assumer ouvertement une crise aboutissant à développer une Europe à plusieurs vitesses.

 

(L'économiste Jacques Sapir - HALEY/SIPA)
(L'économiste Jacques Sapir - HALEY/SIPA)
 

 

1. Le 6 mai dernier, la victoire du PS a mis fin à 17 ans de règne de la droite à l'Elysée. Mais le PS n'a remporté que 51.6% des voix contre l'UMP. Pouvez-vous analyser le résultat de cette élection présidentielle? Pensez-vous que ceci implique l'évolution de la tendance sociale et politique de la France?
 
L’élection Présidentielle est le moment clef de la vie politique française. Au premier tour de cette élection la véritable surprise a été le résultat important (18,5% des suffrages) réalisé par Marine le Pen (Front national). Un parti populiste de droite arrive ainsi en troisième position. Un second résultat important du premier tour a été qu’aucun des candidat des deux partis traditionnels, le Parti socialiste ou l’Union pour un mouvement populaire (UMP, centre-droit) n’ait atteint les 30% des suffrages.

La désaffection envers les partis traditionnels ne s’est pas seulement montrée dans le résultat de Marine le Pen mais aussi dans le résultat du candidat du Front de Gauche (extrême gauche), Jean-Luc Mélenchon qui a dépassé les 11% des suffrages. Les votes de contestation du système politique, si l’on y ajoute les petits partis d’extrême gauche, ont donc dépassé les 30%, soit plus que ce qu’ont réalisé François Hollande ou Nicolas Sarkozy.

Le second tour a confirmé en un sens ces résultats du premier. Les électeurs qui ont voté pour François Hollande ont largement voté contre Nicolas Sarkozy. Ce n’est pas un vote d’adhésion mais un vote de rejet. D’ailleurs, plus de 2,1 millions d’électeurs ont voté blanc (dont une partie des 6 millions d’électeurs de Marine le Pen) alors que l’écart entre François Hollande et Nicolas Sarkozy ne se monte qu’à 1,2 millions de voix. Le candidat socialiste n’a ainsi pas reçu de « mandat » clair, si ce n’est celui du rejet de son prédécesseur et une partie des Français ne se reconnaît ni dans l’un ni dans l’autre de ces candidats. C’est un point important qu’il faut garder à l’esprit quand on regarde le résultat final de l’élection.

2. Quelles sont les principales préoccupations économiques des Français? Inflation, revenus, chômage, retraite... quels soucis les préoccupent le plus?
 
Très clairement, ce sont aujourd’hui les préoccupations sociales qui dominent la vie politique française, comme le chômage, le pouvoir d’achat et le problème de la justice sociale, problème qui implique une autre répartition des revenus. Mais, il y a aussi une immense inquiétude pour l’avenir. Plus de 60% des Français estiment que la situation du pays va continuer à se dégrader dans les années qui viennent. Ce pessimisme de l’opinion française est une des grandes caractéristiques de la période actuelle.

Il a pour racines les évolutions que l’Europe a connues ces dernières années mais aussi le processus de désindustrialisation qui touche la France. Les gens sentent bien qu’il y a une menace, directe ou indirecte, sur leur emploi ou sur leurs conditions de vie. Les réactions épidermiques dont les immigrés sont les victimes sont, en partie, liées à ce phénomène. Mais les gens sentent aussi que l’immigration n’est pas le seul, voire le principal, problème. Il y a donc dans la population une sourde inquiétude qui monte et qu’aucun des partis dominant sur l’échiquier politique ne prend en compte et à plus fortes raisons ne lui donne réponses.

Ce sentiment d’abandon, qu’il soit économique, social ou même territorial – on pense ici aux fermetures d’écoles, de bureaux de poste dans les petits bourgs ruraux – engendre un vote de colère. Les gens ont le sentiment non seulement d’être abandonnés mais aussi méprisés par des dirigeants qui pactisent avec la « technostructure » de Bruxelles. Ce vote de colère désormais s’incarne en partie dans le vote pour Marine le Pen et pour l’autre dans le vote pour le dirigeant du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon.

3. François Hollande préfère la croissance à la rigueur, l'augmentation fiscale à la baisse d'impôt. Est-ce qu'il arrivera  à disposer de ressources fiscales suffisantes en augmentant ainsi l'impôt?
 
La question des ressources fiscales est en fait liée à celle de la croissance. Tous les économistes savent que si votre richesse nominale augmente (par la croissance de votre richesse réelle mais aussi par l’inflation) alors les impôts rapportent plus d’argent. Inversement, si la richesse stagne, voire se contracte, le produit des impôts diminue plus que proportionnellement.
Le grand non-dit de cette campagne, qui est connu d’une majorité des économistes, est que la France a besoin et de croissance réelle et d’inflation. Mais, tant que nous serons dans la zone Euro nous ne pouvons pas nous permettre une inflation supérieure à celle de nos voisins immédiats, et de plus les perspectives de croissance sont aujourd’hui faibles.

François Hollande veut arracher à l’Allemagne une nouvelle politique économique pour la zone Euro. Mais, dans le contexte actuel, ceci impliquerait un affrontement important et durable avec le gouvernement allemand. On peut douter que François Hollande y soit prêt. En tout les cas, il ne s’en donne pas les moyens.
La seule solution qui lui reste est une modification de la répartition des revenus, mais ici aussi les marges de manœuvre sont très limitées.

4. Mais cette politique risque d'avoir des effets néfastes comme la résistance ou la fuite fiscale des riches. Pensez-vous que le nouveau gouvernement peut surmonter tous ces problèmes?
 
L’évasion fiscale est un problème réel, mais il faut savoir qu’elle ne concerne pas seulement les individus mais aussi les entreprises. La seule méthode réellement efficace pour contrôler la fiscalité consiste à remettre en place des contrôles sur les mouvements de capitaux. Il n’y a rien dans le programme de François Hollande qui aille dans cette direction. Les mesures auxquelles le gouvernement songe ne seront que d’une efficacité limitée et temporaire.

5. Prévoyez-vous que le PS va occuper la majorité lors des élections législatives qui vont se tenir le mois prochain? Si ce n'est pas le cas, la coalition de la droite le peut. Dans ce cas-là, la formation du gouvernement de cohabitation est indispensable. Est-ce que ce scénario peut se produire?
 
Il fait peu de doute que la prochaine Assemblée nationale sera à gauche. En effet, dans le système électoral français (uninominal, d’arrondissement, majoritaire à deux tours), il y a une prime aux coalitions de deuxième tour...

LIRE LA SUITE ICI, SUR MARIANNE 2

14.05.2012

UN PROTECTIONNISME EUROPÉEN EST-IL SOUHAITABLE ?

UN PROTECTIONNISME EUROPÉEN EST-IL POSSIBLE ET SOUHAITABLE ?

Par le Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP).



Résumé

Un appel a été lancé pour une « Initiative Citoyenne Européenne » (ICE) dans 9 pays (voir plus bas en suivant le lien). Elle demande de rétablir la « préférence communautaire » et une concurrence loyale, en instaurant un « protectionnisme commercial aux frontières de l'Europe ». Son objectif est de retrouver le plein-emploi et une croissance équilibrée dans les pays européens. Pour qu'elle soit adoptée par la Commission européenne, le Parlement et le Conseil européen, les initiateurs veulent qu'elle soit soutenue par au moins un million de citoyens européens.

Bien que partageant le constat fait dans cet appel, le M’PEP ne signera pas cet appel. Car il est ni possible ni souhaitable d’atteindre un protectionnisme européen.

Ce n’est pas possible, car il faut que les vingt-sept pays de l’Union européenne acceptent de modifier les traités pour y inclure des clauses protectionnistes. Ce serait une véritable révolution allant à l’encontre de tout l’attirail idéologique déployé depuis tente ans. Aucun gouvernement des pays membre de l’UE n’est aujourd’hui sur cette ligne. Si on prend les forces politiques qui sont actuellement dans l’opposition et qui pourraient un jour accéder au pouvoir dans ces pays, rares sont celles qui souhaitent des formes de protectionnisme. La proposition d’obtenir des résultats rapides pour un protectionnisme européen est donc illusoire, même si plus d’un million de signatures sont collectées. Cette initiative, au lieu de mettre l’accent sur la question principale qui est celle d’un protectionnisme national s’inscrivant dans une perspective de coopération internationale (la charte de La Havane de 1948 qui se fonde sur l’équilibre de la balance des paiements), retarde cette prise de conscience en lançant des leurres. Nous le regrettons.

Ce n’est pas souhaitable, car des mesures protectionnistes aux frontières de l’Union européenne ne résoudraient pas les problèmes en profondeur. En effet, avec l’entrée des Pays de l’Europe centrale et orientale (PECO) dans l’Union européenne, l’objectif des oligarques européens était clairement de faciliter les délocalisations et d’accélérer le libre-échange. L’Allemagne en particulier, par les politiques menées depuis Gerhardt Schröder, en organisant la déflation salariale, en faisant fabriquer à l’Est une part significative de sa production industrielle et en la réexportant dans la zone euro, a pu accumuler d’énormes excédents commerciaux. Ces derniers sont une des causes majeures de la crise de l’euro. Passer sous silence la « nouvelle question allemande » n’est pas de nature à orienter les luttes sociales et politiques dans une direction bien assurée. Là encore les véritables problèmes sont esquivés.

Seules des mesures protectionnistes prises à l’échelle nationale sont susceptibles d’être décidées rapidement et d’obtenir des résultats. À condition de proposer à tous les partenaires commerciaux de la France des accords bilatéraux de coopération commerciale reprenant les principes de la charte de La Havane de 1948 : le but du commerce international doit être le plein-emploi pour tous ; pour y parvenir l’équilibre de la balance des paiements est nécessaire : lorsqu’elle est déséquilibrée, des mesures protectionnistes négociées sont autorisées. Seules des mesures protectionnistes unilatérales serait prises à l’encontre des pays qui refuseraient de participer à la construction de ce nouvel ordre commercial international.

Pour accéder au texte complet, cliquez ici :
http://www.m-pep.org/spip.php?article2592

13.05.2012

Humour

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12.05.2012

SORTIR DE L’EUROPE PAR LA PORTE DE GAUCHE !

MICHÈLE DESSENNE :

"SORTIR DE L’UNION EUROPÉENNE PAR LA PORTE DE GAUCHE ! "

La Voix du Nord

 


Michèle Dessenne, et son suppléant, Jean-François Maison, 53ans, assistant social au CH Lens.







L’une, Michèle Dessenne, concourt sous la bannière M’PEP*, l’autre, Jean-François Maison, sous celle du PRCF**. ...

Tous deux forment un ticket commun pour les prochaines législatives. Résidant en Seine-Saint-Denis, Michèle Dessenne, 59 ans, est originaire du Pas-de-Calais (elle est apparentée à l’abbé Dessenne dont une rue d’Hénin porte le nom). Elle, qui fit partie de l’équipe fondatrice du mouvement Attac, n’a pas choisi de se présenter sur la 11 e par hasard. « Cette campagne a une signification nationale. Notre analyse est que la France est prise en tenaille entre les européistes, - UMP, PS, MoDem -, et une xénophobie montante, de Marine Le Pen à Sarkozy. Pour le FN, c’est un test grandeur nature, on ne veut pas lui laisser le monopole d’une campagne sur la sortie de l’Union européenne et de l’euro dont on sait qu’une grande partie de la population a conscience des effets néfastes. » C’est ce qui ressort des échanges avec la population sur les marchés d’Hénin et ses environs. Car le duo et leurs soutiens (le PRCF revendique 250 militants dans la région lensoise) laboure le terrain depuis plusieurs mois, et va organiser plusieurs réunions publiques d’ici le 10 juin, date du premier tour : « Ce n’est pas une candidature de témoignage », assène Mme Dessenne.

Pour la candidate qui se réclame des idées du conseil national de la résistance, la fin de la crise ne peut passer que par la sortie de l’union européenne, « pilier de l’ordre néolibéral mondial » et le retour au franc. « Si l’on ne reprend pas la souveraineté monétaire, on est livré aux marchés et aux intérêts de la dette, et aux politiques de rigueur. Il y a eu une unanimité à réenfourcher le thème de la réindustrialisation. Si on laisse le libre échange en place, comment réindustrialiser ? On se fout de la gueule du monde ! » Le propos du ticket est de concilier les drapeaux tricolore et rouge. « Le capitalisme ne veut plus des nations, on tire le signal d’alarme », souligne Jean-François Maison. Michèle Dessenne : « Il faut forcer le débat tabou à gauche qui est la question de l’union européenne et de l’euro. »

Position claire

Sur l’échiquier politique de la 11e, la concurrence sera forte à l’extrême gauche avec (pour l’instant), Lutte ouvrière et surtout le Front de Gauche. « Notre candidature n’est pas tournée contre Hervé Poly, assure Georges Gastaud, secrétaire national du PRCF.

S’il avait eu une position claire sur la sortie de l’euro, on n’aurait pas présenté de candidat. » Le PRCF reproche la dérive « droitière » du PCF depuis la mutation des années Hue-Buffet. « Le PCF a oublié la classe ouvrière et l’indépendance nationale. Jusqu’à Georges Marchais, il avait été un parti patriote ».

Michèle Dessenne et Jean-François Maison animeront une réunion publique le lundi 14 mai au café Le Météor de Carvin, de 18 h à 20 h.

 

* Mouvement politique d’éducation populaire.

**Pôle de renaissance communiste en France.

LÉGISLATIVE: il faut battre le FN à tous prix

Battre le FN à tous prix: ARGUMENTAIRE  ANTI-FN


Cet article est paru une première fois avant les élections présidentielles, mais il reste d'actualité  avec le score effrayant du FN et la montée des extrêmes droites en Europe.

Nous le publions de nouveau, car le combat dontre l'intolérence n'est pas terminé.


En moins de 15 minutes vous trouverez ci-dessous une vidéo qui fait le tour du sujet. À visionner d’urgence et à faire connaître !

 


J NIKONOFF "LA CONFRONTATION" ARGUMENTAIRE ANTI-FN par M-PEP

11.05.2012

M.Dessenne: soutienue par d’anciens résistants antifascistes

POUR LA RÉPUBLIQUE SOCIALE
10 JUIN 2012 • 11e CIRCONSCRIPTION DU PAS-DE-CALAIS

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Michèle DESSENNE,

CANDIDATE D’UNE GAUCHE COURAGEUSE

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Dans votre circonscription, Michèle Dessenne et Jean-François Maison mènent une campagne conjointe. Ensemble, le M’PEP et le PRCF combattent à la fois l’Union européenne du capital, le MEDEF et ses alliés de droite, le PS et ses satellites qui ont abandonné la souveraineté nationale et ont trahi le monde du travail, les classes ouvrières et moyennes du bassin minier. Ensemble ils com- battent le FN qui prétend défendre les travailleurs, sans jamais s’associer à leurs luttes. Le M’PEP et le PRCF luttent pour sortir de l’Union européenne et de l’euro et pour rétablir la souveraineté nationale.

 

OUI, comme il y a eu un NON de gauche au TCE (Traité constitutionnel européen) en 2005, il
existe aujourd’hui un NON de gauche à la mondialisation et à l’Union européenne.

Candidate de gauche avec mon suppléant, Jean-François Maison, je suis l’expression du courant d’idées qui allie le bleu-blanc-rouge de la Révolution française et le rouge des luttes ouvrières et populaires. Sans compromission. Sans arrangement électoral d’appareil. Sans peur. Car la 11e circonscription n’est le «fief» de personne et d’aucun parti politique. C’est avant tout une terre de résistances, de solidarité et de travail dont les habitants souffrent du chômage, de la désertification médicale et des bas salaires.
OUI, à l’Assemblée nationale de nouvelles voix doivent se faire entendre pour porter les couleurs d’une véritable République sociale de transformation.


Des voix libres qui veulent sortir notre pays du contrôle de l’Union européenne, de la menace des marchés financiers, du règne du libre-échange. Nous connaissons tous et toutes les objectifs des mondialistes : affaiblir l’Etat et la Nation, priva- tiser les services publics, réduire les salaires, affaiblir les résistances des salariés, délocaliser... OUI, aujourd’hui, pour le plein emploi, la réindustrialisation, l’accès au logement, à la santé, pour la retraite à 60 ans, la justice, l’éducation, l’augmentation des salaires, pour la protection sociale, c’est à gauche que chante l’espoir.


Pour cela il faut avoir le courage d’affronter le système : par la sortie de l’euro et de l’Union européenne, en mettant fin aux marchés financiers, par l’emprunt direct à la Banque de France, par la mise en place d’un protectionnisme coopératif basé sur l’équilibre des échanges.
OUI, c’est possible par la reconquête de la souveraineté nationale. Au bénéfice réel du peuple de France, exploité et dominé par un système inhumain et destructeur, mais toujours capable de se dresser contre les injustices et les abus de pouvoir. Un peuple solidaire, vivant, bâtisseur de luttes collectives et d’internationalisme.


OUI notre candidature est cohérente avec ce que nos anciens ont voulu en rédigeant le programme du Conseil national de la Résistance, aux pires heures du nazisme et du fascisme.
Que le courage et l’audace populaire s’expriment à gauche dans les urnes le 10 juin pour reconquérir la souveraineté nationale et construire une société de liberté, d’égalité et de fraternité. 1789, la Révolution française, 1936, le Front Populaire, 1968, de nouveaux droits sociaux acquis par la lutte, 2005, le NON au Traité constitutionnel euro- péen : d’autres victoires sont possibles !
En votant Michèle Dessenne et Jean-François Maison, vous ouvrirez la voie à une gauche de lutte, de cœur et de raison, qui a le courage de dire NON aux Européistes et aux impérialistes.

 

Appel d’anciens résistants antifascistes, à la classe ouvrière, aux patriotes et à la jeunesse de la 11e circonscription


Anciens Résistants communistes , nous soutenons la candidature de Michèle Dessenne (M’PEP) et de Jean- François Maison (PRCF) dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais. En effet, ces candidats militent claire- ment pour bloquer l’extrême droite raciste qui, durant la guerre, entreprit de soumettre la France au barbare impérialisme allemand. Michèle Dessenne et Jean-Fran- çois Maison associent également le drapeau tricolore au drapeau rouge pour combattre la fascisante Europe supranationale : il est en effet impossible de restaurer les conquêtes du CNR, pour lesquelles sont morts tant de nos camarades, sans sortir de l’Union Européenne et de son maudit euro sur des bases progressistes, aux antipodes de ce que veut le prétendu front « national », qui usurpe le nom d’une organisation de la Résistance créée par le Parti communiste clandestin. Enfin, il faut combattre le régime UMP qui démolit toutes nos libertés et qui, tout en cassant la Nation, développe une honteuse xénophobie d’Etat.

Quelques signataires:
Léon Landini, président des FTP-MOI Carmagnole-Liberté ; Arsène Tchakarian, FTP-MOI, compagnon de Missak Manou- chian, chevalier de la Légion d’honneur. Pierre Pranchère, résistant FTP dès l’âge de 15 ans ; Mimi Pulvermacher, FTP- MOI ; Patrick Roussel, fils de René Roussel (décédé), Colonel FTPF ; Claude Emile Tourné, Fils de André Tourné (décédé), ancien d’Espagne et Résistant FTPF ; Jean-Pierre Hemmen, fils de Jean Hemmen, dirigeant communiste, 14ebrigade internationale aux côtés de la République espagnole, com- mandant FTPF de la région parisienne ; Jany Sanfelieu, fille de Jean Sanfelieu (décédé), combattant de l’Armée Républi- caine espagnole et de la Résistance en France .

Pour lire l'ensemble de la profession de foi, cliques ici

Nouvelle constitution en Islande : la conspiration du silence...

Nouvelle constitution en Islande : la conspiration du silence...

 

 
L'Islande a terminé l’année 2011 avec une croissance économique de 2,1% et devrait, selon les prévisions de la Commission européenne, atteindre le taux de 2,7% en 2013 grâce principalement à la création de nouveaux emplois. 
 
L'Islande est le seul pays européen qui a rejeté par référendum le sauvetage des banques privées, laissant s’effondrer certaines d’entre elles et jugeant de nombreux banquiers pour leurs crimes financiers mais curieusement les médias français et européens n’en parlent pas ou très peu…
 
 
Il n’y a pas de censure officiellement dans les médias presse, radio ou télé mais les journalistes et experts de tous bords, si prompts à parler de ce qui se passe en Egypte, en Libye ou en Syrie, ne disent absolument rien sur ce qui se passe en Islande. En a-t-on parlé dans les nombreux débats politiques en vue de l’élection présidentielle ? A-t-on vu des images à la TV ? Bien sûr que non car les citoyens européens pourraient avoir la mauvaise idée de s'en inspirer...
 
En Islande, le peuple a fait démissionner un gouvernement au grand complet. Les principales banques ont été nationalisées et il a été décidé de ne pas payer la dette qu’elles avaient contractée auprès de banques en Grande Bretagne et en Hollande, dette générée par leur mauvaise politique financière.
 
- 2008 : Les banques Glitnir, Landsbankinn et Kaupthing sont nationalisées pour éviter leur faillite plutôt que d’injecter inconditionnellement des capitaux publics, comme en Espagne ou dans les autres pays européens. L’ensemble des dettes de l’Islande égale alors 9 fois son PIB. La monnaie s’effondre et la bourse suspend ses activités après une baisse de 76%.
 
- 2009 : Le FMI, comme à son habitude, exige, en échange de mesures dites "d’ ajustement" des coupures dans les dépenses sociales qui provoquent la colère de la population, la chute du gouvernement et la convocation d’élections anticipées.
 
La gauche remporte la majorité absolue, provoquant l’effondrement du Parti de l’Indépendance, un parti conservateur qui était traditionnellement la force dominante dans le pays et qui ne conserve que 23,7% des voix. Johanna Siguroardottir est choisi pour diriger le gouvernement réunissant des sociaux-démocrates et les écologistes de gauche. 
 
La situation économique désastreuse du pays persiste. Par le biais d’une loi, il est proposé à la Grande Bretagne et à la Hollande le remboursement de la dette et un paiement de 3.500 millions d’euros, montant devant être payé mensuellement par toutes les familles islandaises pendant 15 ans à un taux d’intérêt de 5%. Mais le peuple descend à nouveau dans la rue et demande que la loi soit soumise à référendum.
 
- Janvier 2010 : Le Président refuse de ratifier cette loi et annonce qu’il y aura une consultation populaire.
 
- Mars 2010 : Le référendum a lieu et le Non au paiement de la dette l’emporte par 93% des voix.
 
Pendant ce temps, le gouvernement essaie de régler juridiquement les responsabilités de la crise. Les détentions de plusieurs banquiers et cadres supérieurs commencent. Interpol lance une enquête et tous les banquiers impliqués quittent le pays. Dans ce contexte de crise, une assemblée est élue pour rédiger une nouvelle Constitution en vue de se substituer à l’actuelle qui est une simple copie de la constitution danoise.
 
Pour ce faire, on a recours directement au peuple souverain qui élit 25 citoyens sans filiation politique parmi les 522 qui se présentent aux candidatures (condition : être majeur et avoir recueilli le soutien d’au moins 30 personnes).
 
- Septembre 2010 : L'ancien Premier ministre Geir Haarde est poursuivi pour négligence dans la gestion de la crise. Interpol émet également un mandat d’arrêt international contre l’ancien président de Sigurdur Einarsson. 
 
- Février 2011 : L’assemblée constituante commence ses travaux afin de présenter, en partant des avis collectés dans les diverses assemblées qui ont eu lieu dans tout le pays, un projet de Grande Charte. 
 
- Mars 2011 : Suite à quelques critiques concernant la faible participation (36%) pour nommer les membres de l’assemblée constituante, le Premier ministre, en accord avec les chefs des principaux partis représentés au Parlement, met sur pied un comité consultatif pour poursuivre la révision de la constitution. Ce dernier propose au Parlement de nommer un «Conseil constitutionnel» constitué des 25 membres de l’Assemblée constitutionnelle dissoute.
 
- Avril 2011 : Les citoyens disent de nouveau Non à un second référendum sur le paiement de la dette, après que le président islandais Olafur Ragnar Grimsson ait refusé de contre-signer la loi du 16 février 2011 (connue sous le nom de « troisième loi Icesave »). Le nouveau gouvernement de centre-gauche assurait en effet que le nouvel accord Icesave avait été mieux négocié que le précédent mais la population islandaise maintient son refus d'être mise à contribution pour la faillite de banques jugées irresponsables. 
 
- Juillet 2011 : Sur la base des rapports du Comité constitutionnel et du Forum national (citoyens), le Conseil constitutionnel adopte à l’unanimité un projet de constitution qui est remis au Parlement le 27 juillet. Ce dernier, chargé d’amender le projet, s’est attelé à cette tâche à l’automne 2011 et les débats se poursuivent toujours.
 
 
Les principales propositions de la nouvelle Constitution
 
Sur un total de 114 articles et de 9 chapitres, on peut noter en particulier :
 
- Article 15 : Droit à l’information. Les informations et documents détenus par les autorités publiques devraient être disponibles sans exception et l’accès au public à tous ces documents devrait être garanti par la loi. 
 
- Article 63 : Création d’un Comité de contrôle de la responsabilité du Gouvernement. Une enquête sur les mesures et décisions du Gouvernement peut être demandée par 1/3 des membres d’Althingi (parlement islandais).
 
- Article 65 : Droit à la consultation directe. 10% des votants peuvent demander un référendum national sur les lois votées par Althingi.
 
- Article 66 : Possibilité d’interpellation directe d’Althingi. 2% des électeurs peuvent soumettre une question au Parlement et un projet de loi peut y être déposé s’il est soutenu par 10% des électeurs.
 
- Article 90 : Formation du Cabinet. Le Premier ministre est nommé par le Parlement.
 
- Article 99 : Indépendance des tribunaux. L’indépendance des tribunaux doit être garantie par la loi.
 
- Article 105 : Autonomie des collectivités territoriales. Les sources de revenus des collectivités territoriales doivent être garanties par la loi, tout comme leur droit de déterminer l’utilisation de ces ressources.
 
La nouvelle constitution devrait être soumise à un référendum, avant le vote par le Parlement. Il devrait avoir lieu le 30 juin en même temps que l’élection présidentielle ou à l’automne. 
 
L'Islande n’est certes qu’un petit pays de 320 000 habitants mais elle donne cependant une belle leçon de démocratie aux grands États de l’Europe et du monde. Songeons par exemple qu’en France, la réforme constitutionnelle de 2008 a été entièrement rédigée à l’Élysée et que les parlementaires ne l’ont adoptée qu’à deux voix près après avoir été soumis pendant des semaines à des pressions intolérables de la part du chef de l’État…