29.01.2012
Humour: les coffrets cadeaux de la SorkoFrance
Crise box : les coffrets cadeaux de la criseFRANCE
Face à la crise, les cadeaux futiles deviennent utiles. Bien loin du week-end gastronomique dans le sud-ouest ou du massage relaxant dans une ambiance chic et feutrée, les ©Crisebox sont des coffrets cadeaux qui donnent un petit coup de pouce au quotidien difficile des Français les plus modestes.©Golem13.fr


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28.01.2012
La confrontation. Argumentaire anti-FN
"La confrontation. Argumentaire anti-FN"
Jacques nikonoff (edition Le Temps des Cerises).

Après « Sortons de l’euro. Restituer la souveraineté monétaire au peuple » (Mille et une nuits) publié en mai 2011, le nouvel ouvrage de Jacques Nikonoff et du M’PEP s’intitule « La confrontation. Argumentaire anti-FN » (Le Temps des Cerises).
Ce livre offre un argumentaire implacable contre le programme de Marine Le Pen et du Front national. Il prend le contrepied d’une certaine gauche enfermée dans l’insulte et le jugement moral contre le FN dont on voit aujourd’hui l’échec total. Au contraire, « La confrontation » développe un argumentaire serré pour déconstruire l’idéologie et le programme du FN. En même temps, cet ouvrage est un réquisitoire contre les journalistes interrogeant Marine Le Pen (Joffrin, Pujadas, Lenglet…) qui, sous couvert de vouloir démasquer le FN, font en réalité son jeu.
Pour commander « La confrontation. Argumentaire anti-FN », adressez-vous à votre libraire habituel.
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27.01.2012
TVA sociale: la grande supercherie
TVA Sociale: la grande supercherie
Par Lucien Pons
La TVA sociale chère au président des riches va s’imposer comme incontournable. Je pense que la TVA sociale est une grande supercherie. Les Spins Doctors de l’Elysée, certains qu’ils sont d’avoir gagné la bataille des idées, se prennent à rêver qu’ils peuvent gagner la guerre contre le peuple et en particulier contre les plus modestes d’entre nous. Leur arrogance et leurs certitudes sont tout à fait insupportables. Ils vont oser habiller cette régression majeure comme étant une avancée sociale.
Déjà le ton est donné avec l’adjectif : « Sociale ». Il vont marteler ces éléments de langage jusqu’à plus soif. On devrait pourtant être vaccinés par toutes ces transgressions, par toutes ces humiliantes appropriations, par toutes ces utilisations symboliques. Tout ce travail préalable pour nous faire accepter inconsciemment le vocabulaire de « la novlangue », tout cela dans le seul but de nous imposer une dictature pas si douce que cela.
Ce quinquennat humiliant et sale a démarré sur les chapeaux de roue. Souvenez-vous, entre les deux tours de la présidentielle, le locataire actuel de l’Elysée est allé au plateau des Glières, pour s’approprier avec une méprisable arrogance, les idéaux et les acquis de la Résistance qu’il avait décidé d’éliminer méthodiquement. Pour lui, notre pays ne devait plus être un frein à cet ultralibéralisme triomphant qu’il avait pour mission d’implanter en France.
Depuis il nous a démontré la constance qu’il peut avoir pour atteindre ces objectifs libre-échangistes. La réforme des retraites, la réforme de la justice, la réforme de la santé, la réforme de l’hôpital public, et beaucoup d’autres "réformes" toutes aussi iniques, devraient nous alerter. Les exemples de saignées sont tellement nombreux que l’on ne peut les citer tous. Lorsque cet individu se met à parler de social, il faut s’attendre au pire. Il faut se préparer aux plus gros coups donnés à notre vivre ensemble!
Mais tout de même, le mot réforme porte en lui-même une connotation positive, il est en général synonyme de progrès plutôt que de graves régressions. Je voulais seulement attirer votre attention sur les surprises très douloureuses qui nous attendent avec une telle préparation de terrain. Lorsqu'un pilonnage médiatique tous azimuts lancés par des journaleux aux ordres et de sois disants experts qui déversent leurs certitudes, toutes empruntées auprès des lobbyistes des grandes multinationales et des grandes banques, nous écrase, à l'étape suivante on doit s’attendre à tout de la part des servants des ultrariches.
J’ose espérer que leur excès de confiance leur sera fatal. Certains qu'ils sont de tout emporter, ils se découvrent et prêtent le flanc par une trop grande précipitation, cela ne leur ressemble pas ! Nous pouvons donc espérer engager la bataille et convaincre le plus grand nombre sur l’inanité de leurs analyses et de leurs solutions. En gros on peut gagner, il suffit de franchir un seuil d’audience dans la véritable information, pour que le peuple se réveille et chasse en s’ébrouant ces dangereux parasites."Quant à la position qui consiste à admettre cette mesure anti sociale comme la seule possible, je ne peux pas la cautionner. C’est exactement ce qu’ils veulent que nous pensions. On peut déjà les entendre : "C’est très dur", "Ce n’est pas juste", "Ce n’est pas normal", "Mais nous avons vécu si longtemps au dessus de nos moyens !", "Il faut être raisonnable et rembourser nos dettes", "Nous n’avons pas le droit de laisser à nos enfants cette ardoise à régler !". J’arrête là cette énumération de ces fameux éléments de langage, inventés pour endormir notre vigilance et notre réactivité.
Mais comment peut on croire qu’il faille ruiner l’avenir de la jeunesse pour mieux la sauver. A la libération, en 1945, les Résistants ont imposé, dans une France ruinée et pillée par les traîtres, les collaborateurs et les nazis, un programme audacieux qui comportait tous les acquis sociaux que ces vautours voudraient détruire. Comment peut-on admettre qu’aujourd’hui dans la cinquième ou sixième puissance économique mondiale on ne puisse plus assurer ces avancées sociales ? La question n’est pas économique mais politique ! Il faut retrouver le chemin du collectif afin d’imposer les mesures nécessaires qui s’imposent. Entre autres nécessités:
Ø Revenir sur le libre échange, supprimer l’OMC et installer à la place l’OIC prévue dans la charte de la Havane en 1947 mais jamais appliquée par refus américain. Les ultraconservateurs étaient revenus au pouvoir aux USA à la mort de F.D. Roosevelt !
Ø Appliquer la fameuse démondialisation, en clair, il nous faut retrouver notre indépendance et refuser le joug que ces gens là proposent aux peuples. Une certitude absolue néanmoins, il faut débarrasser le pays de ces sangsues d'ultralibéraux qui veulent piller les biens communs en toute liberté. Il nous appartient collectivement de contrer leurs rapines. Dans tous les cas la voie du peuple doit à nouveau être entendue. La droite au pouvoir aujourd'hui est au service exclusif des ultrariches.
Pour imposer cet ordre nouveau ils n'ont de cesse de monter les gens les uns contre les autres: Les chômeurs contre les gens qui ont un emploi, les salariés du privé contre ceux du public, les jeunes contre les vieux, les français de souche contre les immigrés, etc... Peu importe si au passage ils installent le communautarisme et la haine de l'autre pour mieux finaliser leur triste dessein. En dernier ressort il appartiendra aux citoyens d’imposer les changements nécessaires afin de retrouver le chemin du progrès social et du progrès économique.
Rappelons-nous qu’en 1936 le Front Populaire de Léon Blum n’était pas sur la route de la révolution. Si la grève générale et la protestation populaire n’avaient pas imposé les changements, les avancées sociales n’auraient sans doute pas eu lieu. En 2012 la gauche sera ce que nous en ferons collectivement. Soit on délègue et on accepte de menus ajustements, soit, conscients du tournant de l’histoire, nous imposons un changement de paradigme. Je ne sais pas si nous y parviendrons. Je ne sais pas si nous aurons la force de nous défaire de cette idéologie omniprésente dans nos têtes qu’est le libre-échange avec son credo fétiche qu’est la concurrence libre et non faussée. Mais je suis sur que si l’on ne fait rien, alors rien ne changera vraiment.
Je suis assez optimiste et je veux croire cette utopie possible. Nous avons beaucoup progressé dans le détricotage de « la mondialisation heureuse ». Ils ne sont plus aussi certain de leur victoire idéologique, leur monde se fissure de toute part, mais il ne faut rien attendre de leurs média aux ordres. C’est à nous de voir nos victoires. C’est à nous de continuer à y croire. C’est à nous de continuer de faire passer d’autres informations, sur la toile, dans les réunions publiques, dans nos cercles restreints d’amis ou de famille, etc... Je pense que nos avancées sont indéniables. Le rejet massif de cette politique par les français en est la principale preuve.
C’est pourquoi le thème de la TVA sociale apparaît pour ce qu’il est, à savoir un impôt supplémentaire pour les plus pauvres. L’arsenal déployé pour convaincre le bon peuple semble tourner court. Il nous faut continuer à déciller les yeux de nos concitoyens. Je pense que nous pouvons imposer un débat de fond en 2012 à l’instar de celui de 2005 sur le TCE. En conclusion, je crois possibles de sérieuses avancées sociales si nous nous en donnons les moyens. L’avenir nous appartient. Ne laissons pas leurs solutions s’imposer comme étant techniques et justes. Elles ne sont en fait que pures foutaises politiciennes pour endormir notre soif de justice, d’égalité, de liberté et de fraternité. Ne laissons à personne la possibilité de voler notre avenir. Nous en sommes comptables devant les générations futures.
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26.01.2012
Peut-on sortir de la crise de la dette sans sortir du capitalisme ?
« Peut-on sortir de la crise de la dette sans sortir du capitalisme ? »
Débat à Lens (Pas-de-Calais) DEMAIN, vendredi 27 janvier 2012
18h00 au centre social Alexandre Dumas, rue Gustave Courbet
Que se cache-t-il derrière cette CRISE, présentée à souhait comme une affaire de spécialistes échappant par principe au débat public ?
« L’université populaire Ch’ti Guevara » souhaite contribuer à donner quelques clés, afin de restituer ces questions économiques au débat politique. Ainsi, la dette publique est-elle le prix de notre insouciance ou le but inavoué d'une véritable volonté politique ?
> Est-il anodin que les peuples, et en particulier le peuple de Grèce, soient réduits aujourd'hui à un "esclavage pour dette", après l’avoir aboli il y a… 2500 ans ?
> Dès lors, cette crise dite "de la dette souveraine" n'est-elle pas le symptôme, voire l’ultime ruse d’un capitalisme en crise ?
> Existe-t-il alors une alternative de gauche à l'austérité sans fin à laquelle il faudrait se résigner, alternative audible par les classes populaires tentées d’écouter à Lens comme ailleurs, les sirènes de la droite populiste ?
> En particulier, y a-t-il une sortie possible de l’Euro par la porte à gauche, une alternative pour reconstituer les acquis sociaux, le produire en France, les services publics et la souveraineté des peuples ?
Invités :
- Rémy HERRERA, économiste enseignant à la Sorbonne, auteur en particulier d’« un autre capitalisme n’est pas possible » (l’ouvrage sera sur notre table de presse).
- Michèle DESSENNE coresponsable nationale du M'PEP, favorable à une sortie de l’euro (Le M’PEP : « Mouvement Politique d'Education Populaire » que nous avions déjà invité à LENS, en la personne de Jacques NIKONOFF)
- Georges GASTAUD, philosophe marxiste, auteur de « Patriotisme et internationalisme », etc.
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25.01.2012
NATIONALISER LA POLITIQUE MONÉTAIRE
NATIONALISER LA POLITIQUE MONÉTAIRE
par Jacques Nikonoff
La révolution conservatrice, à partir du tournant des années 1970-1980, entre autres choses, a organisé la privatisation de la politique monétaire. Avec le traité de Maastricht de 1992, elle a ouvert la voie à la formule la plus réactionnaire du monde en créant la Banque centrale européenne (BCE). Évidemment, le mot « privatisation » n’a jamais été prononcé », on l’a remplacé par le mot « indépendance ». Un mot qui sonne bien, qui donne en tout cas, spontanément, l’impression d’être préférable à son contraire. Qui choisirait la dépendance plutôt que l’indépendance ?
Ainsi le tour était joué, on vendait aux citoyens un concept sympathique pour masquer une politique monétaire entièrement tournée vers les intérêts des détenteurs de capitaux. Un pan essentiel de la souveraineté populaire basculait alors du côté des forces de l’argent. Car cette indépendance de la BCE n’en était pas une, elle devenait en réalité dépendante et soumise aux marchés financiers. cette politique monétaire est responsable de la mise au chômage de millions d’Européens.
La gauche doit revendiquer haut et fort la nationalisation de la politique monétaire et de la monnaie. C’est une question de bon sens car la politique monétaire est un instrument essentiel de la politique économique. Un gouvernement de gauche ne pourra pas mener de politique de gauche sans l’instrument monétaire, et ceux qui prétendent le contraire sont des menteurs. Les conséquences d’une nationalisation de la politique monétaire sont évidemment considérables puisque pour y parvenir il faudra que la Banque de France sorte du Système européen des banques centrales (SEBC). Cependant, cela ne signifie pas la rupture des relations habituelles entre banques centrales. C’est le lien de soumission de la Banque de France à la BCE qui sera rompu. La France redeviendra libre de mener une politique monétaire favorable à l’emploi, au développement économique, social et environnemental. La suite logique sera le retour du franc, car comment nationaliser la politique monétaire sans nationaliser la monnaie ?
Le Parti socialiste, poussé par une partie de son électorat et de ses militants de plus en plus critiques avec le système eurolibéral de l’Union européenne, de la BCE et de l’euro, lâche un peu de vapeur, mais c’est pour mieux enfumer l’opinion publique. Sa proposition de permettre à la BCE de prêter directement aux États est en effet illusoire. C’est d’ailleurs pour cette raison que le PS fait cette proposition, car il sait très bien qu’elle ne passera jamais. Il peut ainsi se présenter comme euro-critique à bon compte ! C’est comme pour la taxe Tobin, ça ne mange pas de pain !
Demander que la BCE prête directement aux États est illusoire, d’abord, car la totalité des 27 pays membres de l’Union européenne ne se mettront jamais d’accord sur une telle réforme si contraire à toute l’orthodoxie néolibérale. Peut-être, un jour, cela sera-t-il possible. Mais certainement pas à court terme. Faut-il attendre ce jour comme le messie et, en attendant, subir les coups de l’eurolibéralisme ? Quelle mystification ! Comment faire des propositions aussi invraisemblables ! En outre, jamais les dirigeants allemands – quels qu’ils soient – n’accepteront un tel changement de politique monétaire qui heurterait leur culture au plus profond. C’est ne rien comprendre à l’Allemagne et faire preuve de beaucoup de légèreté que d’entretenir cette illusion.
Revendiquer que la BCE prête directement aux États est une illusion, ensuite, car cela sous-entend qu’une politique monétaire de gauche est possible avec des gouvernements de droite. Et aussi avec des dirigeants de la BCE tous issus et dévoués aux marchés financiers ! Comment est-il possible de croire des choses pareilles ? Comment mener une politique monétaire de gauche en gardant le principe de l’indépendance de la BCE ? C’est totalement incompatible puisque par définition l’indépendance de la BCE ne peut pas lui permettre de mener une politique inspirée par les gouvernements (de gauche !). Pour que la BCE prête directement aux États, il faut donc remettre en cause le statut d’indépendance de la BCE.
Bien sûr, le Parti socialiste reste muet sur le sujet. S’agissant du PS on ne sera pas surpris. Mais quand c’est le Front de gauche, les bras nous en tombent ! Alors que le Front de gauche dispose de nombreux atouts pour offrir une véritable – alternative – en tout cas c’est le seul rassemblement à la gauche du PS – il reste précisément dans le sillage du PS. Comme le PS, il demande que la BCE prête directement aux États, alimentant la confusion politique. Comme le PS, il ne revendique pas la remise en cause de l’indépendance de la BCE et la nationalisation de la politique monétaire. Il revient à son électorat de continuer la pression sur les dirigeants du Front de gauche pour les aider à se mettre en phase avec les attentes de la population.
Un nouveau signe de cette montée de la rage populaire contre le système de Bruxelles a été fourni lors d’une initiative sur la dette organisée par Attac et Médiapart le 15 janvier dernier. Beaucoup de monde, plus de 1 000 participants qui ont bousculé les organisateurs. En effet, pour une fois, une voix discordante avait été invitée à s’exprimer en la personne de l’économiste Frédéric Lordon. Il a prononcé une intervention brillantissime qui a fait un véritable tabac, sous les acclamations du public, alors que les organisateurs restaient silencieux…
"Leur dette, notre démocratie" : Frédéric Lordon par BTrenaissance
Jacques Nikonoff est porte-parole du M’PEP et ancien président d’Attac. Derniers ouvrages publiés :
- « Sortons de l’euro ! Restituer au peuple la souveraineté monétaire » (Mille et une nuits, 2011)
- « La confrontation. Argumentaire anti-FN » (Le Temps des Cerises, 2012).
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24.01.2012
Ça n'est pas l'école qui fabrique le chômage.
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Ça n'est pas l'école qui fabrique le chômage. par La Fédération M'PEP 77 http://mpep77.over-blog.comFrance 2, mercredi 4 janvier, journal de 20 heures, David Pujadas :« Voici, sans aucun doute, l'une des racines du chômage structurel qui handicape la France, l'échec scolaire et ses2 à 300 000 élèves qui sortent du système scolaire sans diplôme. »
Est-il bien vrai que les causes structurelles du chômage ont un rapport avec le niveau de qualification de la population ? Le rôle premier de l'école est-il de fabriquer des personnes employables ? L'exclusion fabriquée par le système scolaire français n'est-il pas pour partie le résultat de son pilonnage par les politiques libérales et par l'idéologie libérale ? Le « chômage des jeunes » : un arbre médiatique pour cacher la forêt du réel. Les libéraux et leurs médias répètent à l'envie qu'il y a un problème de « chômage des jeunes », de « chômage des seniors », de « chômage des personnes handicapées » etc. Pour monsieur Sarkozy, pour monsieur Hollande et pour l'ensemble des libéraux, la cause du chômage chez les jeunes serait l'inadaptation du système scolaire au marché de l'emploi. Pour le chômage des « seniors », la faute s'en trouverait dans le coût de l'embauche (c'est à dire le coût du travail). Ce discours vise à faire diversion sur les causes réelles du chômage en tant que phénomène structurel et donc sur les remèdes à y apporter. En trouvant des bouc-émissaires, ils tentent : >deporter de nouveaux coups à la République à travers son école et le code du travail des salariés. >defaire oublier 40 ans de chômage structurel de masse. >detaire le fait que le chômage est inscrit dans la stratégie patronale pour re-discipliner un salariat qui était de plus en plus organisé depuis la fin du XIXe siècle. >dene pas dire que le chômage est lié à la mise en place d'une monnaie forte (l'euro) qui a pour but de préserver le capital des plus riches de toute déflation. >de présenter le chômage comme un phénomène apolitique, alors qu'il est le produit du « marché de l'emploi » spécifique à la société capitaliste, qui comme son nom l'indique, rabaisse le travail humain au rang d'une vulgaire marchandise. Quels que soient les chiffres du chômage dans notre pays depuis quarante ans, la part des 25 ans et des plus de 50 ans parmi les chômeurs a toujours été plus importante pour une raison qui tient à l'essence même du « marché du travail » : une logique de concurrence. Les jeunes qui arrivent sur ce marché ont moins d'expérience à faire valoir que les demandeurs d'emploi qui ont un CV mieux garni. Quant aux plus anciens, ils coûtent plus cher et sont moins malléables. Dans la même logique de concurrence, les femmes et les personnes handicapées, jugées moins productives, connaissent un chômage plus fort. Si le chômage était résiduel, un discours visant à faire baisser le chômage des plus jeunes s'entendrait parfaitement. Dans la situation d'un chômage structurel de masse, cela n'a pas le même sens. Le chômage affecte l'ensemble de la société, l'ensemble du monde du travail. Il affecte même indirectement les gens qui ont un emploi. C'est donc au chômage dans son ensemble et à ses causes qu'il faut s'attaquer. Le M'PEP propose une stratégie pour mettre fin au chômage en un seul mandant et propose que le droit à l'emploi devienne un droit opposable car c'est un droit constitutionnel. Lire à ce sujet : http://mpep77.over-blog.com/20-index.html Il y a une surqualification des demandeurs d'emploi. Le niveau de connaissance d'un bachelier d'aujourd'hui est comparable à celui d'un ingénieur de 1950. Le niveau général de connaissance et de qualification de l'ensemble de la population scolaire a considérablement augmenté depuis l'après-guerre. Et c'est une des grandes réussites du système scolaire. Le niveau des besoins en qualification des entreprises a suivi une courbe bien moins pentue. A tel point que de très nombreuses personnes en France sont sous-employées par rapport à leur niveau de qualification. Le décrochage scolaire ne signifie donc pas que ceux qui sortent sans qualification ont un niveau de connaissance et de compétence égal à zéro. Cela signifie qu'ils n'ont pas atteint le niveau de qualification qui leur permet de faire jeu égal avec les autres dans la compétition pour l'emploi. Cette compétition bénéficie grandement aux employeurs qui peuvent embaucher pour le même salaire sur un poste donné une personne sans qualification ou une personne qualifiée. Ils peuvent mettre en concurrence les niveaux de qualification et tirer le coût du travail vers le bas. Dans la situation de chômage de masse que nous connaissons depuis 40 ans, les diplômes ne garantissent plus l'accès à l'emploi, ce qui aggrave la situation de ceux qui n'en n'ont pas. La compétition mondialisée des économies sert de justification à cet immense gâchis. Y a t-il une inadaptation des qualifications par rapport au marché de l'emploi ? On entend dire régulièrement que certains secteurs du marché du travail ne trouvent pas assez de personnes à employer et qu'il y aurait donc un décalage problématique entre la formation scolaire et les besoins des entreprises. Cet argument est avancé par le patronat pour développer une dépendance toujours plus grande des salariés vis-à-vis du monde de l'entreprise. On a même vu une régionalisation de certains diplômes pour coller aux besoins de grandes entreprises locales. L'idéal pour le patronat serait que l'entreprise assure une formation et une qualification interne, spécifique à un poste, mais que le coût en soit assumé par la collectivité. C'est bien sûr l'exact contraire qu'il faut défendre au nom d'une école républicaine : une qualification qui assure à toute personne une grande autonomie et une haute polyvalence. Quant à l'adaptation au poste, le coût doit rester entièrement à la charge de l'entreprise. Il est exact que certaines filières de formations manquent de candidats. Mais ce phénomène est à la marge et n'est pas significatif parmi les causes du chômage. Dans ce cas, il faut interroger le niveau des salaires et les conditions de travail. Certains métiers, dont celui d'ouvrier, ont été volontairement dévalorisés par l'idéologie libérale pour effacer la culture ouvrière (et ses valeurs) de l’imaginaire collectif. Rien d'étonnant par conséquent que les jeunes d'aujourd'hui méprisent parfois certains corps de métiers ou en ignorent même l'existence.
L'élitisme du système éducatif. Le « décrochage scolaire », c'est-à-dire la sortie du système scolaire sans qualification, trouve sa cause dans les causes générales de l'échec scolaire. Le premier facteur de l'échec scolaire est l'origine sociale des élèves. Cela a toujours été le cas pour la raison que l'école n'a jamais eu pour objectif, contrairement à ce qu'on lit et à ce qu'on entend très fréquemment, de permettre « l'ascension sociale » des personnes. Seuls 1% des enfants d'ouvriers accèdent aux grandes écoles depuis l'après-guerre. Et une quantité négligeable de ces 1% en sortent diplômés (la plupart ne parviennent pas au terme du cursus). L'école française a toujours été élitiste. C'est d'ailleurs dans sa capacité à faire émerger des élites qu'elle est la plus réputée. La reproduction sociale des élites et de la pyramide sociale par l'école est une constante du système scolaire. Dans un système élitiste, il ne peut pas y avoir un égal accès aux diplômes ! Pour mettre fin à l'échec scolaire, il faut sortir des logiques élitistes – ce qui n'empêcherait aucunement la sélection par la qualification. « L'égalité républicaine ne peut exister dans un pays où les lois civiles, les lois de finance, les lois de commerce rendent possible la longue durée des grandes fortunes. » Condorcet, 1787.
Le productivisme appliqué de manière croissante à l'enseignement. On ne peut que s'inquiéter de l'augmentation du nombre d'élèves en échec scolaire, même si les chiffres existants se contredisent. Cependant, ce phénomène semble assez probable, pour la raison qu'il y a une aggravation de la compétition dans l'accès aux qualifications liée à l'aggravation de la compétition dans l'accès à l'emploi. Plus l'accès à l'emploi est difficile, plus l'école se comporte de manière sélective si elle est dans une recherche de conformation aux besoins du patronat. Or, c'est bien dans ce sens que se font les réformes successives.
>Le principe des « niveaux de compétences » se substitue peu-à-peu au principe des diplômes et de métier. D'où ce concept provient-il ? Les grandes entreprises capitalistes ont besoin d'un personnel facilement mobile et interchangeable au sein de l'Union européenne. On sait déjà que la dérégulation inscrite dans les traités de libre-échange met les travailleurs européens en concurrence les uns avec les autres, et par conséquent, font augmenter le chômage et tirent les droits sociaux vers le bas. Mais il reste que les diplômes nationaux freinent cette mise en concurrence internationale en raison de leur imparfaite équivalence. Le principe de « validation de niveaux de compétences » harmonisé à l'échelle européenne est le résultat du travail de lobbying des grandes entreprises européennes en direction de la commission européenne chargée des systèmes scolaires nationaux (longtemps présidée par la socialiste Édith Cresson). > Le « recentrage sur les fondamentaux », c'est-à-dire dans la conception élitiste des libéraux, les mathématiques et le français. Un bachotage permanent complété par un infernal dispositif d'évaluation des élèves, survalorise la performance personnelle. Les conséquences en sont à la fois une baisse de l'enseignement des connaissances générales et la disparition de toute référence au plaisir d'apprendre. Telle sont les effets du remplacement d'une vraie pédagogie par les préceptes productivistes. Une conception des finalités de l'enseignement et de la scolarité calquée sur celle du travail, avec les mêmes conséquences : une recherche de la productivité conduisant à l'explosion des maladies « professionnelles » (dans le cas de l'école : les « dys » - dyslexie, dyscalculie, dyspraxie, dysorthographie etc.), symptômes de l'inadaptation au système. La réforme réactionnaire du système psychiatrique en cours dans le cadre européen (enfermement autoritaire et isolement des patients) est la réponse du système libéral aux destructions psychiques provoquées dans la population par la recherche sans fin de plus de productivité. Des expérimentations sont d'ailleurs en cours dans les écoles, à la demande des institutions européennes, pour détecter dès la petite enfance les signes de l'inadaptation et leur traitement par la psychiatrie. Tel se présente le dangereux mouvement pour la médicalisation de la difficulté scolaire. >« L'assouplissement » de la carte scolaire, s'inscrit dans une logique de concurrence généralisée basée sur les résultats : concurrence des établissements, des enseignants et des élèves.
Le changement des missions du système scolaire se fait dans une optique antirépublicaine. Bien qu'élitiste, le système scolaire républicain avait historiquement une mission émancipatrice : donner aux individus les moyens intellectuels de comprendre le monde dans lequel ils vivent, leur permettre de s’insérer dans ce monde et disposer d'outils conceptuels pour intervenir sur ce monde. Même si cette perspective était loin d'être parfaitement réalisé, les libéraux n'ont eu de cesse de la remplacer par la fabrication de futurs salariés dociles et adaptés aux besoins de la sphère productiviste-marchande. Ainsi, les changements successifs des programmes scolaires ont introduit des principes antirépublicains :
> la notion de minimum scolaire (« socles commun ») visant prioritairement les élèves des milieux défavorisés a été développée dans le même temps que les moyens de l'aide (en personnel qualifié) aux élèves étaient dramatiquement réduits, traduisant un renoncement radical d'avec une école égalitaire ; > l'enseignement obligatoire de l'anglais et de la culture anglo-saxonne dès les petites classes, en lieu et place d'une initiation à la diversité des langues vivantes et à l'ouverture sur le monde. L'anglais est la langue utilisée par le système économique marchand dans une optique colonialiste. Aujourd'hui, c'est la langue de la mondialisation libérale, celle des patrons des grandes firmes transnationales. C'est par conséquent celles que les salariés doivent maîtriser pour permettre à l'entreprise de conquérir de nouveaux marchés extérieurs. Celle qu'ils doivent maîtriser pour être « transplantables » d'un pays à l'autre et pour être plus facilement interchangeables. Il y a aujourd'hui plus de mots en anglais sur les murs de Paris qu'il n'y avait de mots en allemand durant l'Occupation.
> La vassalisation des enseignants et la caporalisation du pouvoir au sein des établissements. En 1951 le pouvoir politique a mis en place un statut des enseignants dans le but de leur permettre de remplir leur mission laïque et de les protéger des pressions religieuses, politiques et marchandes. Ce statut est régulièrement attaqué, comme le sont l'ensemble des statuts de la fonction publique. L'annonce faite récemment de la mise en place d'une évaluation des enseignants par leur chef d'établissement (en lieu et place d'un personnel spécifique extérieur à l'établissement) est le résultat d'une volonté d'installer un caporalisme en lieu et place de toute forme collégiale de prise de décision ; les hôpitaux et les universités connaissent une semblable dérive.
L'affaiblissement des principes de service public d'éducation. La suppression massive des moyens affectés à l'école (80 000 postes supprimés depuis 2005) fait augmenter les effectifs dans les classes et amenuise dramatiquement les moyens de l'aide aux enfants rencontrant des difficultés. C'est lerésultat du non-remplacement d'un fonctionnaire partant en retraite sur deux inscrits dans la RGPP (révision générale des politiques publiques). Cette loi est une traduction dans le droit national des traités européens visant à l'affaiblissement des services publics au bénéfice des services marchands. Pour preuve, il suffit de voir comment fleurissent les grandes sociétés privées de soutien scolaire et de connaître les lois mises en place ces dernières années pour faire financer les écoles privées par l'argent public.
La surveillance sociale. L’Éducation Nationale a grandement augmenté ses outils de gestion statistique de la population scolaire grâce à l'informatisation. Tous les élèves ont désormais dès l'âge de trois ans, un matricule qui ne les quittera plus et auquel sont associés des fichiers rassemblant des données toujours plus nombreuses et précises sur leur parcours scolaire. Des fichiers dont la compatibilité avec les logiciels de la police, de la justice, des services sociaux et de certaines grandes entreprises sont avérés. Des fichiers dont la gestion est d'une telle opacité que même les services désormais vassalisés de la CNIL n'ont pas pu faire autrement que de les dénoncer... dans un silence médiatique assourdissant.
Il y a peu de place pour le hasard dans le système médiatique. Vingt-quatre heures après les propos de Monsieur Pujadas, Nicolas Sarkozy annonçait son intention de faire travailler davantage les enseignants sans que cela coûte plus cher à l’État, en prétextant l'urgence de l'échec scolaire. Et des réformes du système scolaire pour faire baisser le « chômage des jeunes ». Il faut bien comprendre que dans la logique du système libéral européen, l'école ne sera JAMAIS assez adaptée aux besoins du patronat |
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| Tags : école, chomage, social, contrôle, parents, enfants, jeunes, sarkozy |
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23.01.2012
AH ! AH ! AH ! Histoire d'agences de notation
AH ! AH ! AH ! Histoire d'agences de notation
par jacques Nikonoff
C’est le vendredi 13 janvier, comme d’habitude après la clôture de la Bourse de New York, que l’agence Standard & Poor’s a abaissé la note financière de neuf pays de la zone euro dont la France. Cette agence avait déjà placé 15 pays de la zone euro « sous surveillance » début décembre 2011. La France et l’Autriche passent de AAA à AA+ avec perspective négative, ce qui signifie que ces pays ont une chance sur trois de voir leur note financière encore abaissée d’un cran cette année. Le club très fermé des pays à triple A passe ainsi de 16 à 14 dans le monde. Malte, la République slovaque et la Slovénie perdent un cran. Chypre, l’Italie, le Portugal et l’Espagne perdent deux crans.
Les raisons avancées par cette agence sont parfaitement justifiées dans l’univers de la finance débridée. Elle considère que les décisions prises lors du sommet de l’Union européenne, le 9 décembre 2011, ne constituent pas une avancée suffisamment importante pour résoudre la crise de la zone euro. L’agence ajoute que cet accord se base sur un diagnostic incomplet des causes de la crise, à savoir que les turbulences financières actuelles proviendraient essentiellement du laxisme budgétaire de la périphérie de la zone euro. En réalité les problèmes financiers auxquels la zone euro doit faire face sont aussi et peut-être davantage la conséquence de l’accroissement de déséquilibres extérieurs et de divergences en matière de compétitivité entre les pays du noyau dur de la zone et les pays dits périphériques. Qui, à gauche, ne partagerait pas cette analyse ?
Si aucune catastrophe n’est à craindre à court terme après l’abaissement de la note financière de ces neuf pays, la crise de l’euro va néanmoins encore s’aggraver. Les gouvernements et l’Union européenne vont profiter de l’occasion pour accentuer les politiques d’austérité afin de gonfler les profits puisque les résistances sociales ne permettent pas encore de remettre en cause ces politiques.
Les principales forces politiques en France et au sein de l’Union européenne, de gauche ou de droite, refusent de désigner clairement l’Union européenne comme l’adversaire qui a fait le lit des marchés financiers. Elles ne remettent pas en cause l’euro et font de la diversion en prenant les agences de notation comme bouc émissaire. C’est le Front national et les forces de l’ombre qui, partout en Europe, profitent de cette incurie. L’annulation de la dette, la fermeture définitive du marché obligataire, la sortie de l’Union européenne et de l’euro sont les conditions indispensables à une sortie de crise favorable aux populations.
Dans ce cloaque, le Front de gauche pourrait offrir la seule perspective de remise en cause du système. Mais le soutien au Front de gauche ne peut se faire pour l’instant qu’à défaut, tant ses analyses et propositions restant loin de ce qu’il serait nécessaire pour sortir vraiment de la crise. Un cas d’école particulièrement pathétique est fourni par le communiqué de Jean-Luc Mélenchon du 13 janvier qui met sur la tête ce qui devrait être mis sur ses pieds.
Les agences de notation ont été créées pour servir les marchés financiers, les États leur ont confié un rôle quasi institutionnel
Depuis plusieurs mois, et singulièrement depuis le 13 janvier 2012, les principaux dirigeants politiques, toutes tendances confondues, jouent au jeu du chamboule-tout avec les agences de notation. C’est à celui qui sortira un bon mot avant tous les autres. L’exercice est facile tant ces agences ont accumulé les erreurs en ne voyant pas venir les crises : celle du Mexique, Enron, les subprimes...
Pour autant, ces agences font-elles la politique économique à la place des gouvernements et sont-elles la cause de la crise ? Absolument pas. Elles ne sont qu’un thermomètre qui mesure la solvabilité des émetteurs d’obligations. Il faut donc taper sur les vrais coupables de la crise : les marchés financiers et leur allié fidèle qu’est l’Union européenne, au moyen de son instrument l’euro. C’est pour masquer la responsabilité de l’Union européenne et de l’euro que les agences de notation sont mises sur le devant de la scène…
Les investisseurs, particulièrement les investisseurs institutionnels (les « zinzins » : fonds de pension, fonds mutuels, compagnies d’assurance, fonds d’investissement…), ont besoin des agences de notation pour accéder rapidement, à un coût abordable, à une hiérarchisation des risques présentés par les émetteurs d’obligations (États, grandes entreprises, collectivités locales et autres émetteurs publics…). Certes, ils pourraient se doter de leurs propres moyens d’analyse. Mais ce serait beaucoup plus coûteux que d’utiliser les services d’agences spécialisées. Au demeurant, si ces agences n’existaient pas, les « zinzins » recréeraient en leur sein de mini-agences de notation pour guider leurs placements. Que diraient alors ceux qui se focalisent sur les agences de notation ?
Quant aux émetteurs d’obligations (par exemple les Bons du Trésor pour les États), ils ont besoin de placer leurs titres, et la notation fait partie de l’argumentaire commercial sur la qualité du « produit ». Car rares sont les investisseurs institutionnels qui achèteraient des titres obligataires qui ne sont pas notés. Il est donc tout à fait logique que ce soient les émetteurs qui payent les agences dans le cadre du système actuel. Les « zinzins », pour leurs stratégies de gestion de portefeuille, répartissent les risques entre actions et obligations, mais aussi à l’intérieur des obligations en se fixant des proportions d’obligations réputées sans risque (notées AAA) et d’autres avec plus de risque (par exemple BBB).
Les investisseurs institutionnels ont donc absolument besoin de mesurer les risques d’une créance par rapport à une autre, c’est-à-dire savoir à qui on peut prêter de l’argent avec confiance (acheter des titres obligataires). Demander la suppression de ces agences tout en restant dans le système n’a aucun sens. Ce qu’il faut supprimer, c’est le marché obligataire lui-même, c’est-à-dire le financement des États (et des grandes entreprises) par les marchés financiers.
Quand les agences se trompent, et cela leur arrive souvent, ce n’est pas un problème pour les marchés financiers. Ce qui compte pour eux, c’est que tout le monde se trompe en même temps. Dès lors aucun d’entre eux, a priori, ne peut profiter de l’erreur.
La moindre des choses est de rappeler que ce sont les États, l’Union européenne et les institutions multilatérales qui ont donné beaucoup de pouvoir aux agences de notation. C’était logique puisque qu’ils ont donné beaucoup de pouvoir aux marchés financiers. Ainsi les réglementations ont intégré les notes financières, les États donnant aux agences un statut quasi-institutionnel d’auxiliaire des pouvoirs publics. Par exemple, la qualité des fonds propres des banques et des titres déposés par les banques en garantie auprès des banques centrales (et notamment à la Banque centrale européenne), est déterminée par les notes des agences …
Assez de ces fausses indignations ! Si les responsables politiques font mine de protester, se sont eux qui ont pourtant légitimé les agences de notation !
Le traité de Lisbonne adoube les agences de notation en son article 123 TCE selon lequel « il est interdit à la Banque centrale européenne et aux banques centrales des États membres […] d’accorder des découverts ou tout autre type de crédits aux institutions, organes ou organismes de l’Union, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres. L’acquisition directe, auprès d’eux, par la Banque centrale européenne ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite ».
Cet article fait écho à la loi de 1973 en France qui a ouvert la voie aux agences de notation puisque la Banque de France (et les autres banques centrales de l’Union européenne) a été interdite de prêter au Trésor, avec ou sans intérêt. Il fallait donc faire passer le financement de l’État par les marchés financiers, avec tout ce que cela comporte, et notamment avec les agences de notation. Aucun programme des candidats à l’élection présidentielle – aucun ! – ne propose d’abroger la loi de 1973…
La gauche devrait écouter les arguments de S&P car ils constituent une remise en cause totale des conceptions prévalant au sein de l’Union européenne. C’est tout le système de l’euro qui est dénoncé. L’euro, au lieu d’unir, divise ; au lieu de faire converger, fait diverger.
Standard & Poor’s a baissé la note financière de neuf pays de la zone euro au motif parfaitement justifié que les oligarques européens étaient incapables de résoudre la crise qu’ils avaient eux-mêmes provoquée
En lisant les déclarations de certains dirigeants politiques et les commentaires de grands médias, on peut se demander s’ils ont bien lu les motifs avancés par S&P pour justifier l’abaissement en cascade de ces notes. On comprend pourquoi, car l’agence passe au lance-flamme les politiques issues des traités de Maastricht et de Lisbonne. La gauche – la vraie gauche – aurait quasiment pu écrire le communiqué rédigé par S&P !
Dans son communiqué de presse du 13 janvier, 16h à Paris, S&P résume la situation ainsi : « Standard & Poor’s abaisse la note à long terme non sollicitée de la République française à AA+ […] Cet abaissement traduit notre opinion sur l’impact des difficultés croissantes de la zone euro à laquelle la France est étroitement intégrée dans les domaines politique, financier et monétaire ». Dans son « argumentaire », l’agence précise que « L’issue du sommet de l’Union européenne du 9 décembre 2011 et les déclarations ultérieures des différents responsables politiques ont conduit à considérer que l’accord obtenu ne constituait pas une avancée suffisamment importante, ni dans son étendue, ni dans son montant, pour permettre de résoudre les difficultés financières de la zone euro ».
Qui, à gauche, ne partagerait pas cette analyse ? L’agence ajoute « cet accord se base sur un diagnostic incomplet des causes de la crise, à savoir que les turbulences financières actuelles proviendraient essentiellement du laxisme budgétaire de la périphérie de la zone euro. Nous pensons pour notre part que les problèmes financiers auxquels la zone doit faire face sont au moins autant la conséquence de l’accroissement de déséquilibres extérieurs et de divergences en matière de compétitivité entre les pays du noyau dur de la zone et les pays dits périphériques ».
Cette analyse remet en cause tout le discours convenu des oligarques européens et des médias qui ont principalement mis l’accent sur la dette publique en oubliant la dette externe qui est constituée par les déficits commerciaux. Rappelons que les dettes publiques se remboursent si le pays concerné a des excédents commerciaux. Lorsqu’un pays a un déficit de sa balance des paiements (un déficit commercial pour dire vite), cela signifie qu’il consomme plus qu’il ne produit. Si, en outre, il a une dette publique ou privée, les marchés comprennent immédiatement que ce pays éprouvera de plus en plus de difficultés à rembourser et que ses taux d’intérêt auront tendance à monter.
L’agence précise : « Un processus de réformes basé sur le seul pilier de l’austérité budgétaire risque d’aller à l’encontre du but recherché ». La Grèce en fournit un excellent exemple. L’abaissement de la note financière de ces neuf pays est donc parfaitement logique.
Pour les milieux financiers, ces abaissements de note sont un non-évènement, ils les avaient anticipés depuis plusieurs mois. Concernant la France, S&P dénonce le poids des banques dans l’économie et les risques qu’elles font peser sur les finances publiques. Elle a raison ! Les marchés avaient ainsi déjà demandé des taux plus élevés. S’agit-il de leur part de « prophéties auto-réalisatrices » comme on peut le lire et l’entendre depuis vendredi soir ? Absolument pas ! Les fondamentaux de la France et de l’Allemagne étaient devenus de plus en plus divergents : sur le plan des taux d’intérêt (l’Allemagne emprunte désormais presque deux fois moins cher que la France : le 5 janvier 2012, le 10 ans français était à 3,40%, alors que le taux allemand était de 2,10%) ; sur le plan de l’endettement public (5,5% du PIB pour la France et 1% pour l’Allemagne) ; et surtout sur le plan du commerce extérieur (75 milliards d’euros de déficit pour la France, 160 milliards d’excédents pour l’Allemagne). Ainsi les marchés avaient intégré le fait que la France empruntait à des taux identiques à ceux de pays notés BBB+.
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21.01.2012
Peut-on sortir de la crise de la dette sans sortir du capitalisme ?
Peut-on sortir de la crise de la dette sans sortir du capitalisme ?
Débat à Lens (Pas-de-Calais)
Le vendredi 27 janvier 2012 à 18h00
au centre social Alexandre Dumas, rue Gustave Courbet
Que se cache-t-il derrière cette CRISE, présentée à souhait comme une affaire de spécialistes échappant par principe au débat public ?
> « L’université populaire Ch’ti Guevara » souhaite contribuer à donner quelques clés, afin de restituer ces questions économiques au débat politique. Ainsi, la dette publique est-elle le prix de notre insouciance ou le but inavoué d'une véritable volonté politique ?
> Est-il anodin que les peuples, et en particulier le peuple de Grèce, soient réduits aujourd'hui à un "esclavage pour dette", après l’avoir aboli il y a… 2500 ans ?
> Dès lors, cette crise dite "de la dette souveraine" n'est-elle pas le symptôme, voire l’ultime ruse d’un capitalisme en crise ?
> Existe-t-il alors une alternative de gauche à l'austérité sans fin à laquelle il faudrait se résigner, alternative audible par les classes populaires tentées d’écouter à Lens comme ailleurs, les sirènes de la droite populiste ?
> En particulier, y a-t-il une sortie possible de l’Euro par la porte à gauche, une alternative pour reconstituer les acquis sociaux, le produire en France, les services publics et la souveraineté des peuples ?
>
> Invités :
>
> - Rémy HERRERA, économiste enseignant à la Sorbonne, auteur en particulier d’« un autre capitalisme n’est pas possible » (l’ouvrage sera sur notre table de presse).
> - Michèle DESSENNE coresponsable nationale du M'PEP, favorable à une sortie de l’euro (Le M’PEP : « Mouvement Politique d'Education Populaire » que nous avions déjà invité à LENS, en la personne de Jacques NIKONOFF)
> - Georges GASTAUD, philosophe marxiste, auteur de « Patriotisme et internationalisme », etc.
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20.01.2012
POSITIONNEMENT DU M’PEP POUR LES ÉLECTIONS DE 2012
POSITIONNEMENT DU M'PEP POUR LES ÉLECTIONS DE 2012
1-lors de son 1er congrès, qui s'est tenu du 28 au 30 janvier 2011, une résolution a été votée par les congressistes du M'PEP. Elle précisait:
« Dans le cas où le Front de gauche ne s’ouvrirait pas à d’autres forces politiques de la gauche radicale, qu’il ne clarifierait pas sa position sur la crise de l’Union européenne, et n’engagerait pas un large débat sur la nécessaire sortie de l’euro, laissant ainsi le chemin libre au Front national et à des gaullistes de droite, le M’PEP n’écartera pas l’hypothèse de présenter ses propres candidates et candidats aux élections présidentielle et législative de 2012. Il prendra la décision lors d’un congrès extraordinaire début 2012. »
Le Front de gauche a refusé la participation du M’PEP au motif qu’il « porte deux revendications qui, pour le coup, diffèrent franchement du programme du Front de gauche : la sortie de l’euro et de l’Union européenne. […] Il s’agit d’une divergence majeure. Et on voit bien du coup qu’il serait impossible à notre candidat d’assumer cette contradiction interne au Front de gauche pendant la campagne. C’est toute la cohérence de cette dernière qui serait fragilisée ».
Le M’PEP est parfaitement conscient de la divergence qui existe entre nos organisations sur la question européenne. Néanmoins, nous avons proposé que les représentants du M’PEP, lors des réunions publiques organisées par le Front de gauche, expliquent pourquoi, malgré cette divergence, ils soutenaient le Front de gauche et appelaient à voter pour lui. Comme nous l’avons d’ailleurs fait en participant, avec le Front de gauche, aux campagnes des européennes en 2009 et régionales en 2010. En procédant de la sorte, le candidat du Front de gauche n’avait pas besoin de répondre, nulle incohérence n’était à craindre dans la campagne du Front de gauche. En outre, un grand nombre de sympathisants du Front de gauche se prononcent en faveur d’une sortie de l’euro. Les rejeter est contreproductif sur le plan politique et électoral, et entrave la capacité de rassemblement du Front de gauche.
Une annexe donne plus bas tous les éléments d’explication sur les relations entre le M’PEP et le Front de gauche.
2.- Le présent texte a été soumis à la discussion de tous les adhérents du M’PEP après avoir été adopté par le Conseil national du M’PEP lors de sa réunion des 8 et 9 octobre 2011. Il a été ensuite amendé lors du congrès extraordinaire des 14 et 15 janvier 2011. Un texte spécifique a précisé les modalités de ce débat et l’organisation du congrès.
3.- Le M’PEP rappelle que son objectif, à terme, est de sortir de l’Union européenne pour construire une véritable union de tous les peuples et de toutes les nations d’Europe dans une perspective internationaliste (à 49 et pas simplement à 27), et même au-delà de l’Europe, débarrassée des politiques néolibérales. La sortie de l’Union européenne est donc à la fois un objectif et un moyen. La sortie de l’euro comme monnaie unique et la construction d’une monnaie commune, et des pratiques de désobéissance européenne, sont des actions indispensables vers cet objectif.
4.- Si le FDG est un espace politique en construction, alors un équilibre doit être trouvé pour que s’y expriment toutes les toutes les sensibilités se réclamant de la vraie gauche. La crainte que le Front de gauche se présente devant les citoyens avec des points de vue différenciés sur des sujets importants comme l’analyse de l’Union européenne, troublant les électeurs, n’est pas fondée de notre point de vue. Nous sommes au contraire certains que les électeurs apprécieraient que le Front de gauche soit véritablement un front et qu’il accepte davantage de diversité et de pluralisme. Ce ne serait pas un handicap, mais un atout, un signe d’ouverture.
5.- Malgré le refus du Front de gauche d’accepter l’entrée du M’PEP, notre Mouvement appelle à voter pour son candidat à l’élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon. Il appelle également à voter, en principe, pour les candidats du Front de gauche aux élections législatives. Toutefois, pour présenter ses idées aux citoyens, notamment sur l’Union européenne, et affronter le FN en proposant une alternative de gauche à ses électeurs et favoriser le vote des abstentionnistes, notre Mouvement présentera ses propres candidates et candidats dans 4 circonscriptions. C’est pourquoi nous choisissons celles où se trouvent les principaux dirigeants du Front national ou dans lesquelles ce parti a réalisé ses meilleurs scores.
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19.01.2012
Classes populaires et mythes
CLASSES POPULAIRES: POUR SORTIR DES MYHTES
Une tribune de la Fondation Res Publica (auteurs : Gaël Brustier, docteur en science politique et Julien Landfried, membre du Conseil scientifique de la Fondation Res Publica), parue dans les pages Rebonds de Libération (« Les enjeux de 2012 »).
L’évidente rupture entre les classes populaires et la politique découle directement d’une vision erronée de la société française. La compréhension géographique et sociale de la France doit s’émanciper du sens commun et de trop fréquentes représentations imposées pour retrouver le chemin d’une représentation réaliste et lucide de la France populaire. Il faut « chasser les mythes » comme aurait dit le sociologue Norbert Elias.
Il n'existe pas de jeunesse qu'en ville et les "quartiers populaires" sont loin d'être tous concentrés dans les métropoles
D’abord concentrons-nous sur les faits. Il n’existe pas de jeunesse qu’en ville et, a fortiori, les « quartiers populaires » sont loin d’être tous concentrés dans les métropoles. Une nouvelle réalité sociale est née de la mondialisation néolibérale et s’incarne dans une géographie sociale nouvelle. La mutation de l’économie liée à la globalisation financière a engagé la mutation du territoire : la France ne ressemble plus à l’image que l’on se fait d’elle. Un puissant effet de persistance rétinienne a en effet empêché de comprendre les mutations à l’œuvre. Cette nouvelle géographie sociale a entraîné un profond changement des représentations collectives. Globalisation financière, changement de géographie sociale et modification des représentations collectives sont liés.
Il faut d’abord préciser le vocabulaire employé. Parler des « quartiers populaires » c’est avant tout parler des milieux populaires, dont la présence ne peut plus être réduite – loin s’en faut – au fait urbain dense. La vision déformée (et médiatique) de la géographie française qui résume les « quartiers populaires » aux banlieues à forte concentration de populations immigrées est réductrice et ne correspond pas à la réalité. En outre, le fait urbain dense est aujourd’hui minoritaire, ainsi que l’a démontré le géographe Christophe Guilluy (« Fractures françaises », Bourin Editeur, 2010). La France populaire, celle des ateliers et des usines n’est plus celle des grandes métropoles mais une France périphérique, soit périurbaine, soit rurale. Depuis le début des années 1980, la France subit un double effet d’étalement urbain et d’expulsion des ouvriers et des employés de ses villes centres. Ce phénomène concerne le halo périurbain qui entoure les grandes métropoles urbaines françaises. Mais une partie de l’espace rural aussi est en pleine croissance démographique.
L'exode urbain
Un exode urbain se produit en direction des zones périurbaines d’une part et des zones rurales de l’autre...
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