04.11.2009

Environnement et service social

POUR UNE PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT AU SERVICE DU BIEN-ETRE SOCIAL


I.- L’ENVIRONNEMENT MENACE DE TOUTES PARTS

Depuis la révolution industrielle, qui s’est essentiellement souciée de développement économique, la situation s’est en effet considérablement aggravée. Si certaines mesures de protection ont été prises assez tôt, comme le rehaussement des cheminées d’usine dès le XIXème siècle, la pollution n’a cessé de progresser à la fois en termes d’échelle, passant de pollutions localisées à des pollutions planétaires (à l’image des émissions de gaz responsables du trou dans la couche d’ozone ou de gaz à effet de serre), mais également en termes de diversité des domaines concernés par les pollutions : l’air, l’eau, les sols, le climat... et plus récemment, avec des conséquences totalement imprévisibles, le génome.
On peut néanmoins établir quatre grandes catégories de risques environnementaux, avec toutes les conséquences sanitaires et sociales qui les accompagnent : l’appauvrissement de la biodiversité, le changement climatique, les pénuries d’eau, et l’accumulation de substances toxiques.

A.- L’appauvrissement de la biodiversité

La biodiversité désigne la diversité du monde vivant, et comprend trois composantes : la diversité des espèces, la diversité génétique (au sein d’une espèce), et la diversité des écosystèmes (interactions des populations naturelles et de leurs environnements physiques). Elle possède deux dimensions : temporelle, puisqu’elle varie constamment, et géographique, puisqu’elle est inégalement répartie sur la planète.
Les services fournis par la biodiversité sont innombrables : production d’oxygène, de nourriture, de ressources, régulation climatique, molécules pharmaceutiques.
Or, si les équilibres écologiques ont pu être préservés jusqu’à l’aube de la révolution industrielle malgré l’extension des activités humaines, la majorité des écologues et biologistes estiment aujourd’hui qu’une extinction massive est en cours. S’il y a désaccord sur les chiffres et les délais, la plupart des scientifiques pensent que le taux actuel d’extinction est plus élevé qu’il ne l’a jamais été par le passé. Une espèce sur huit de plantes connues serait menacée d’extinction. Chaque année, entre 17 000 et 100 000 espèces disparaissent de la planète, et un cinquième de toutes les espèces vivantes pourrait disparaître en 2030. Il y a consensus sur le fait que l’homme en soit la cause, en particulier par la fragmentation des habitats et la destruction des écosystèmes abritant ces espèces. L’érosion de la biodiversité a été l’un des sujets les plus discutés lors du Sommet pour le développement durable de 1992 à Rio de Janeiro. La Convention sur la diversité biologique (CDB) votée à Rio engage les états signataires et l’Union Européenne à prendre des mesures de conservation et d’utilisation durable de la biodiversité et à procéder au partage équitable des bénéfices découlant de l’utilisation des ressources génétiques. Elle créera en janvier 2000 le Protocole de Cartagena sur la prévention des risques biotechnologiques.
D’autres accords multilatéraux ont été signés dans les années soixante-dix, comme la Convention de Washington sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction, souvent désignée sous le sigle CITES (1973), la Convention de Bonn sur les espèces migratrices (1979), ou la Convention de Ramsar sur les zones humides (1971).

B.- Le changement climatique

Un changement climatique correspond à une modification durable (de la décennie au million d’années) des paramètres statistiques du climat global de la Terre ou des ses climats régionaux. Ces changements peuvent être dus à des processus intrinsèques à la Terre, à des forces extérieures (par exemple des variations de l’orbite terrestre) ou aux activités humaines. Ce que l’on désigne par « le » changement climatique renvoie depuis quelques années aux variations constatées sur les dernières décennies, très vraisemblablement dues aux activités humaines émettrices de gaz à effet de serre (GES).
En 1988, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) créent le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) dans le but d’examiner la situation de façon critique. Rapidement, le lien entre l’activité humaine et le réchauffement climatique est établi de façon quasi certaine : la situation aurait une origine en grande partie anthropique.
Six familles de gaz se partageraient la responsabilité : le dioxyde de carbone (CO2) ; le méthane (CH4) ; l’oxyde nitreux (N2O) ; l’hexafluorure de soufre (SF6) ; les hydrofluorocarbures (HFC) ; les hydrocarbures perfluorés ou perfluorocarbures (PFC). Si les deux premiers ont des pouvoirs de réchauffement inférieurs aux quatre suivants, ils sont émis en bien plus grande quantité par les habitants de la planète. Pour simplifier les calculs, les émissions des différents gaz à effet de serre sont converties en une même unité, la « tonnes équivalent CO2 », ce qui explique pourquoi il est fait souvent référence au seul dioxyde de carbone dans les discours officiels et dans les médias.
L’année 1992 voit l’ouverture à ratification d’un traité international, la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique (CCNUCC), dont l’objectif est de « stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse du système climatique ». Ce texte donne une perspective très générale. Il lui faut un traité « fils », qui définisse d’une part des objectifs chiffrés appuyés sur un calendrier, et d’autre part des moyens d’y parvenir. Ce sera le rôle du fameux Protocole de Kyoto, dont la principale phase de négociations a lieu en décembre 1997. Il faudra plus de sept ans avant son entrée en vigueur, en février 2005. L’objectif affiché est de réduire de 5,2 % par rapport à 1990 les émissions de GES des pays ayant ratifié le protocole, alors que le niveau de réduction déjà atteint en 1997 — largement imputable à l’effondrement des économies de l’Est — était de 4,8 %. La période sur laquelle les modalités de Kyoto seront appliquées est la période 2008-2012


Publié en 2007, le quatrième rapport du GIEC établit les constats suivants :

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